La vie est faite de choix, ça je le sais depuis un bon bout de temps. Et aujourd’hui je me retrouve face à un choix. Important. Peut-être le plus important que j’aie eu à faire jusqu’ici. Le genre de décision pour laquelle tu aimerais bien avoir droit au 50/50, à l’appel à un ami et à l’avis du public. Sauf que là, je ne vais même pas avoir le temps pour ça. Je dois me prononcer, et vite. Il y a encore quelques mois, ma route était toute tracée, bien rectiligne. Là je me retrouve à un embranchement avec mon cerveau qui pédale en guise de GPS. Je sais que je n’irai pas dans le mur et c’est déjà une bonne chose. Et puis je sais où je veux aller, mais il existe des tas d’itinéraires possibles. Alors je suppose, j’anticipe, j’extrapole, et je me raccroche à l’idée que tous les chemins mènent à Rome. Il suffit de ne pas se perdre en route.
Posté dans Blabla le Lundi 7 juin 2010 par klaims
Il est trois heures du matin et j’achète des chaussures à talons sur internet. J’aimerais bien dormir mais trop de choses tournent dans ma tête. Pour la première fois de ma vie, je n’ai plus de devoir à rendre, plus d’examen à préparer, plus de mémoire à rédiger. Toutes ces épées de Damoclès qui ont rythmé mes études, ces journées passées à repousser les échéances, ces nuits blanchies au café et à la nicotine pour terminer à temps. C’est fini, enfin. Des heures volées à Morphée, des montées d’adrénalines à l’approche des deadlines, je sais que j’en aurai d’autres, mais pas pour les mêmes raisons. La forme sera identique, le fond n’aura plus rien à voir.
Jeudi matin, j’ai définitivement quitté mon statut d’étudiante. Cette étiquette qui me collait tellement à la peau que j’avais fini par oublier qu’un jour elle se détacherait. Derrière le micro, ma voix tremblait, comme lors de mon tout premier passage à l’antenne, deux ans plus tôt. Dans le casque, je me suis entendue moduler un flash, égrener l’actualité du jour, mais de loin, sans vraiment être là. Puis je suis sortie du studio et j’ai écouté l’examinateur avec l’impression de vivre le jugement dernier. Débrief, note, rapide calcul. Admise. Le bout du tunnel est là. Je suis dehors mais tout est encore flou autour de moi. Il est trois heures du matin et j’achète des chaussures à talons sur internet. Gagner quelques centimètres en hauteur pour compenser le vertige.
Posté dans Blabla le Vendredi 14 mai 2010 par klaims
Les préjugés m’ont toujours gonflé. Les idées préconçues, les catégorisations à tout prix, les sales réputations. Que ce soit pour un film, un bouquin ou une personne, je préfère toujours forger ma propre opinion toute seule. Ce n’est pas forcément évident de faire abstraction des critiques. Qu’elles soient positives ou négatives. Mais j’essaye d’oublier tout ce que j’ai entendu, de garder l’esprit le plus vierge possible pour y imprimer moi-même mon avis. Parce que je ne sais que trop bien à quel point les apparences peuvent être trompeuses, les opinions déformées et les paroles mal interprétées. Ne pas juger un livre d’après sa couverture, l’habit ne fait pas le moine… Ce genre de réflexion n’est pas inédit mais j’ai l’impression que, si tout le monde est d’accord sur la théorie, le passage à la pratique est rare. Après, bien sur, il m’arrive d’être déçue, de me ramasser, de me ranger à l’avis général. Parce que les mauvais films, les livres chiants et les cons, ça existe. Mais quelque fois, j’ai de jolies surprises. Quand je regarde en arrière, mes plus beaux imprévus sont aussi ceux qui ont eu le plus d’impact sur ma vie. Et ce genre d’inattendu, ça vaut bien tous les ratés de la terre.
Posté dans Blabla le Jeudi 13 mai 2010 par klaims
Je refuse de croire que ma vie est toute tracée mais j’ai toujours un peu eu l’impression de marcher sur un fil. Ou sur une portée de musique peut-être, qui se joue au fur et à mesure que j’avance. Sauf que sur ma portée, toutes les lignes ne sont pas bien parallèles. Parfois elles se croisent, parfois elles se brisent. Et puis parfois elles font des noeuds, elles s’emmêlent et me laissent vacillante. Du coup j’ai du mal à lire entre les lignes, alors je retiens ma respiration pour retrouver un équilibre, et, juste un temps, je reste comme suspendue. Alors le rythme de la partition s’accélère, le tempo n’a plus rien de linéaire et en battant la mesure du bout du pied, je me souviens pourquoi j’aime tant le jazz et l’improvisation.
Posté dans Blabla le Lundi 10 mai 2010 par klaims
Je croise trop de gens gris, blasés, désabusés. C’est la vie qui les a cabossé peut-être, ou simplement le temps qui passe et qui délave, qui ternit, qui émousse. Leur regard se pose sur ce qui les entoure mais ils ne voient plus. Vouloir se protéger à tout prix, c’est aussi supporter de vivre à demi. Je refuse de faire partie de ces gens-là. Je veux continuer à m’émerveiller de chaque endroit où je mets les pieds, chaque personne que je rencontre, chaque place que j’occupe. Je ne crois pas à la fatalité et je sais que jusqu’au bout, j’aurai toujours le choix, que tout est possible et qu’il me suffit d’ouvrir grand les yeux pour ne pas en perdre une miette. Inspirer un grand coup et foncer. Et tant pis si parfois je tombe et je m’écorche les genoux. J’apprends de mes erreurs, je panse mes blessures et je finis toujours pas me relever. Et je n’oublie jamais que chaque jour qui se lève est le premier du reste de ma vie.
Posté dans Photo le Vendredi 7 mai 2010 par klaims
Posté dans Blabla, Photo le Jeudi 6 mai 2010 par klaims
On m’avait dit « tu peux partir à des milliers de kilomètres, tu emmèneras toujours tes démons avec toi ». Je ne suis qu’à quelques centaines de kilomètres de Paris et les démons ne sont plus. Je les ai apprivoisés. Devant moi, je ne vois que le lac Léman et les montagnes qui se dessinent dans la brume. J’aime la tranquillité qui règne ici, cette quiétude qui émane de la ville. Avec ses ponts, ses rues piétonnes et ses escaliers de pierre, Lausanne ressemble à une cité de roman fantasy.
La route entre Lausanne et Fribourg est belle à pleurer, ensoleillée, saturée de couleurs. Les flancs des montagnes couverts de forêts. Les cîmes enneigées au loin. Quelques chalets qui se détachent au milieu de toute cette verdure. Je dois faire un effort incroyable pour détacher mon regard du paysage et me concentrer sur la route. Tout en conduisant, je me dis qu’un jour, je reviendrai ici, je m’installerai dans un de ces petits chalets qui surplombe la vallée, et j’y écrirai un livre.
Quitter la ville de pierre pour la ville lumière. J’ai l’impression que ce mois n’a duré que le temps d’un battement de cil. Mais maintenant, Lausanne c’est un peu chez moi. Paris se rappelle doucement à ma mémoire et déjà, l’envie de repartir, d’explorer, de découvrir d’autres Ailleurs se réveille. Pour qu’au fil du temps, tous ces Ailleurs deviennent, eux aussi, un bout de chez moi.
Posté dans Blabla le Lundi 5 avril 2010 par klaims
Même si mes posters d’adolescente ne sont plus aux murs, même si mes t-shirts ne traînent plus par terre et que plus aucune pile de bouquins ne menace de s’effondrer à côté du lit, c’est toujours ma chambre. Tout mon joyeux bordel, celui qui a rempli un nombre ahurissant de cartons pour une si petite pièce, je l’ai emmené avec moi. Les murs ont été repeints, les meubles changés et on pourrait presque croire que cette chambre n’a jamais été occupée que par des invités. Mais, si nets et bien rangés qu’ils soient, ces quelques mètres carrés restent les miens, là où pendant dix ans j’ai dormi, rêvé, grandi. Là où j’ai lu des milliers de pages et où j’en ai noirci quelques dizaines. Là où j’ai ri beaucoup, pleuré parfois, aimé sans compter. Maintenant, je dors, je rêve et je continue à grandir, mais ailleurs, à une poignée de kilomètres. Parfois, je reviens et même si je n’habite plus là, je connais toujours par coeur les marches qui craquent quand je descends chercher quelque chose à grignoter au milieu de la nuit. Je reste la seule qui sait fermer la porte sans faire de bruit malgré la poignée récalcitrante. La lumière du jour filtre encore à travers les volets et le radiateur continue à gargouiller. Le temps file si vite que mes souvenirs n’ont plus le temps de s’effacer. Je me repasse le film à l’envers, pour voir jusqu’où je peux remonter, pour mettre le doigt sur le moment où les images commencent à devenir floues. Le choc de la chambre vide, le déménagement, la fac, le lycée, le collège, l’emménagement, la visite de la maison. « Là, ça sera ma chambre ». Je me souviens de tout. Comme si c’était hier.
Posté dans Blabla le Mardi 9 février 2010 par klaims
Je passe ma vie à (me) poser des questions. Pour apprendre, pour comprendre, pour y voir un peu plus clair dans le monde qui m’entoure. Et puis par curiosité aussi. Quand j’étais petite, je harcelais mes parents de « pourquoi » façon poupées russes. Rapidement, j’ai aussi voulu savoir « quand » et « où » parce que quand même, le contexte, c’est important. Mais en grandissant, ce qui m’a fascinée plus que tout le reste, c’est « comment ». Les rouages, les mécanismes, la manière dont les choses sont construites et la façon dont elles fonctionnent.
Pendant mes études, j’ai toujours pu dire, à peu près, dans quelle direction j’allais. Malgré quelques hésitations, quelques changements de cap, je suivais un itinéraire relativement bien tracé. Aujourd’hui, j’aperçois le bout de cette route et au-delà, des centaines de voies possibles. Je me pose toujours des tonnes de questions, parce que c’est ce qui m’aide à avancer, mais lorsque je me demande ce que je ferai dans six mois, pour la première fois de ma vie, je n’ai pas la réponse. Et je crois que j’adore ça.
Posté dans Blabla le Samedi 6 février 2010 par klaims
Parmi tous les jobs que j’ai connu, celui qui m’a apporté le plus de satisfaction est de loin mon boulot de peintre. Loin des chiffres de vente de la collection printemps-été, du nombre de cartes de fidélité distribuées, des objectifs de menus best-of à écouler, je me retrouve seule face à mes pinceaux et mes pots de peinture. Et il me suffit de regarder autour de moi pour mesurer l’avancée du chantier et la somme de travail qu’il reste à abattre. Rien n’est plus gratifiant que d’avoir sous les yeux le résultat concret de ce qu’on a accompli.
En ce moment, je termine un autre genre de chantier. Un sur lequel je travaille toute seule. Il me prend pas mal de temps et parfois je rencontre des difficultés. Il a stagné pendant longtemps. Les fondations étaient là pourtant, et même une partie du gros oeuvre mais j’avais du mal à savoir ce que je voulais pour les finitions. Et puis il y a quelques mois, j’ai décidé de prendre les choses en main et depuis, ça avance à grands pas. Je ne sais pas dans combien de temps j’aurai fini et quand j’y pense, je crois que c’est le genre de chantier qu’on ne termine jamais complètement. Mais en tout cas ça ressemble de plus en plus à ce que je voulais et je crois que j’en suis fière.

