Pendant presque une semaine, j’ai vécu au coeur du patchwork de Berlin Est. Recyclage, récup’, détournement : on dirait que tous les styles des 40 dernières années ont été passés au mixer puis dans un shaker avant d’être saupoudrés sur cette moitié de la capitale. Dans la rue, dans les bars, dans les restaurant, j’ai découvert chaque jour des mélanges plus improbables que la veille. Comme le White Trash Fast Food, lieu indéfinissable décoré à la façon d’un restaurant chinois kitsch, qui sert des burgers aux noms tarabiscotés et qui se transforme en boîte de nuit après 23 heures. Cet art du mélange hasardeux, on le retrouve jusque dans les cocktails comme le No Police Control : sirop de coco, sirop de grenadine, chocolat en poudre, crème fraîche, jus d’ananas. Ca sonne comme un gloubi-bougla mais c’est juste délicieux.
Tacheles reste pour moi le meilleur exemple de ce remix géant : au début du siècle, ce gigantesque bâtiment était un grand magasin luxueux. Transformé un peu plus tard en entreprise d’électricité, l’immeuble est réquisitionné par les nazis pendant la guerre puis laissé à l’abandon pendant 40 ans. Après la chute du communisme, des artistes investissent l’immeuble en ruine et le transforment en un immense squat rempli aujourd’hui encore de sculptures et de tableaux en tout genre. L’endroit est tagué du sol au plafond. Au dernier étage, un bar accueille les visiteurs et derrière le bâtiment, un terrain aux allures post-apocalyptiques sert d’atelier à ciel ouvert.
J’aime ce joyeux bordel à mi-chemin entre le grenier de ma grand-mère et le loft arty-bobo. Sûrement parce que je m’y sens comme chez moi. Peut-être aussi parce que j’ai l’impression de ressembler un peu à ça.

Mercredi 22 avril 2009 à 18:04
Roh ouais, le Tacheles c’est vraiment chouette. De vieilles tofs : http://picasaweb.google.com/netsabes/Berlin2005