Archive pour la Catégorie Blabla

Posted in Blabla on Samedi 24 octobre 2009 by klaims

Je suis un caméléon. Pas par choix mais parce que jusqu’à présent je n’ai jamais su faire autrement. Ecouter, apprendre, me nourrir des autres et m’adapter. Découvrir leurs univers, leurs goûts et m’en imprégner, j’ai toujours considéré ça comme un enrichissement. Comme une éponge, je retiens un peu de chacun de ceux qui ont traversé ma vie. Mais en amour, je ne sais pas faire les choses à moitié et peu à peu, j’en viens à oublier qui je suis. Qui suis-je quand je suis seule ? Quand ma vie ne repose que sur mes propres épaules ? Aujourd’hui, je pars à la recherche de moi-même. Je fais un pas en arrière, j’inspire un grand coup, et je fonce. J’ose.

Posted in Blabla on Samedi 26 septembre 2009 by klaims

J’arrive sans me presser. Tout le monde est déjà là. Regards qui se croisent. Ascenseur. Huit étages plus haut, on me propose de champagne et des petits fours. “Non merci, juste un verre d’eau s’il vous plaît.” Quelques paroles échangées sur un balcon. J’ai la tête qui tourne un peu, à cause de la vue peut-être. “Ca va commencer.” Ascenseur. Je suis assise au premier rang. Quelques chuchotements dans l’obscurité et l’écran s’anime. Mary écrit à Max. Max répond à Mary. Mon fauteuil est trop près de l’écran et j’ai mal au cou mais je m’en fous. Ils ont beau être en pâte à modeler, ils me touchent plus que tous les acteurs de chair et d’os que j’ai pu voir cette année. Max écrit à Mary. Mary répond à Max. Et je pense à toutes les lettres que j’ai pu envoyer dans ma vie, à celles que j’ai écrites sans les poster, à celles que j’ai reçues, parfois de plein fouet. Moi aussi je suis en pâte à modeler. Que sera sera. Générique. Les lumières se rallument. Toute la salle semble un peu sonnée. Et c’est seulement quand Adam Elliot se met à parler que mes larmes commencent à couler.

Posted in Blabla on Jeudi 10 septembre 2009 by klaims

J’aime partir en vacances. Qui n’aime pas ça d’ailleurs ? Mais s’il y a un moment que je savoure particulièrement, c’est quand je rentre à la maison après une ou deux semaines d’absence. J’ouvre la porte, généralement soulagée de pouvoir enfin poser une valise bien remplie. La pièce est plongée dans la pénombre, mais je suis en terrain connu. Je  pose les clés sur le meuble de l’entrée et je progresse à tâtons jusqu’à l’interrupteur. Avant d’allumer, je prends une profonde inspiration. Une odeur douce, réconfortante, flotte dans l’air. C’est tout simplement celle de l’appartement. D’habitude je n’en ai même plus conscience mais là, je la redécouvre avec plaisir. Click. La lumière semble tirer les meubles d’une longue sieste, la maison reprend vie. Je suis chez moi.

Posted in Blabla on Mercredi 19 août 2009 by klaims

Paris Saint-Lazare Saint-Nom-La-Bretèche. Pendant plus de dix ans, j’ai emprunté cette ligne de banlieue pour me rapprocher de la capitale. Et un peu comme au café du coin, on y trouvait des habitués, des sortes de piliers de gare. Parmi ces figures emblématique, il y avait le violoniste fou. A l’époque où j’ai commencé à prendre le train, il jouait les Danses Hongroises ou quelque chose s’en approchant. Au fil des années, sans doute pour vouloir s’amuser un peu, il a commencé à prendre quelques libertés avec la partition d’origine, ajoutant ça et là des coups d’archets désordonnés. Puis un jour, au beau milieu du morceau, il a commencé à faire grincer les cordes de son violon, comme pour imiter les piaillements d’un oiseau. Lorsque j’ai déserté les sièges du Transilien pour ceux, plus confortables, d’une petite voiture, la mélodie était devenue méconnaissable et il terminait généralement son récital en tournant sur lui-même.

Ligne 9 en direction du Pont de Sèvres. Depuis presque un an, j’emprunte cette ligne parisienne pour me rendre dans l’ouest parisien. Les musiciens de succèdent, des joueurs d’accordéon souvent, et parfois des violonistes. Mais la plupart du temps, absorbée dans ma lecture, un casque sur les oreilles, je ne les entends même plus. Et puis ce matin, alors que, je feuilletais distraitement mon journal, un son a réussi à se frayer jusqu’à mon cerveau encore mal réveillé. Un son familier. Un grincement. Comme le piaillement d’un oiseau. Avant même d’avoir levé les yeux, je savais que c’était lui.

Posted in Blabla on Mardi 18 août 2009 by klaims

Certaines amitiés sont comme des évidences. On ne les choisit pas, elles s’imposent d’elles mêmes. D’habitude, ça prend du temps : au début c’est fragile, et puis ça se construit petit à petit, au fil des moments partagés. Là, c’est comme si on se retrouvait d’office avec un bloc de béton armé. Tout est déjà là et chaque instant avec l’autre ne fait que le confirmer. Finalement, on se reconnaît plus qu’on ne se découvre. Et quel que soit le nombre de jours, de semaine ou de mois qui s’écoulent entre chaque rencontre, le lien ne faiblit pas, ne ternit pas. Il est indépendant du temps qui passe, absolu. Pas besoin de preuves ou de promesses, on le sait, c’est tout.

Posted in Blabla on Lundi 17 août 2009 by klaims

J’aime l’atmosphère surnaturelle qui flotte dans les stations service d’autoroute. L’impression d’être dans un lieu irréel, comme un espèce de monde parallèle hors du temps. On y trouve des produits improbables qui n’existent nulle part ailleurs. Les gens qui y passent viennent d’endroits différents, se rendent à des endroits différents, mais partagent pendant quelques instants cette parenthèse entre deux rives. Animées la journée, ces oasis du bitume deviennent encore plus singulières la nuit. Sous la lumière blafarde des néons, le caissier fait penser à une sorte de majordome fantomatique condamné à hanter les lieux. Lui seul reste des heures durant, là où les voyageurs ne s’attardent jamais plus que le temps d’une halte. Isolées au milieu de nulle part, à mi-chemin entre le point de départ et le point d’arrivée, ces stations services sont les limbes de l’autoroute.

Posted in Blabla on Samedi 15 août 2009 by klaims

Quand j’étais petite, je passais ma vie pieds nus. Ma mère me répétait inlassablement de remettre mes chaussons, mes chaussettes, mes chaussures mais je ne craignais ni les échardes, ni les petits cailloux qui écorchent là où la peau est tendre. J’avais presque oublié tout ça et puis l’autre jour, un de ces petits instants de magie m’a ramenée vingt ans en arrière. Sur une grande pelouse, j’ai retiré mes baskets. J’ai senti l’herbe me caresser la plante des pieds, me chatouiller les chevilles, se froisser doucement sous mes pas. J’ai baissé les yeux et là, au milieu de cet immense tapis vert, j’ai trouvé un trèfle un quatre feuilles.

Posted in Blabla on Mercredi 29 juillet 2009 by klaims

Le soleil cogne dur. Sur le terrain improvisé, les seules ombres sont celles des joueurs. Après une demi-heure de passes, de sprints et de cris d’encouragements, je suis allée m’asseoir sous un arbre. J’ai la tête qui tourne un peu et les joues en feu. Les battements anarchiques de mon coeur résonnent dans mes tempes alors que je délace mes chaussures. Je sens le vent tiède glisser entre mes orteilles et me chatouiller la plante des pieds. Demain, j’aurai sans doute de jolis bleus sur les chevilles. Demain, quand j’ouvrirai les yeux, chaque muscle, chaque fibre de mon corps me rappellera douloureusement son existence. Demain, la moindre courbature piquera mon orgueil au vif et je déciderai de me remettre au sport. Heureusement, demain est encore loin.

Posted in Blabla on Jeudi 23 juillet 2009 by klaims

Rien ne me fait autant d’effet qu’une odeur qui plane dans l’air et qui vient chatouiller ma mémoire. Des images, des bruits peuvent me rappeler des souvenirs forts bien sûr, mais les plus profonds, les plus intenses sont toujours liés à l’odorat. Parfois, une simple odeur suffit à me remémorer un lieu ou une personne dans les moindres détails et si je ferme les yeux, l’espace d’un instant, c’est comme si j’y étais à nouveau.

Dans le métro, il y a quelques jours. Je suis plongée dans mon livre. Pourtant, il suffit d’une inspiration pour me faire relever la tête. Quelques molécules de parfum qui ont instantanément allumé les méandres de ma mémoire. Je connais cette odeur, mais à qui appartient-elle ? J’inspire encore, avidement, et j’essaye de me concentrer. Je sens mon esprit comparer, fouiller, associer des idées un peu malgré moi, un peu comme s’il n’avait pas vraiment besoin de ma conscience pour faire le tri. Et puis, comme Proust avec sa madeleine, je sens une pensée se préciser alors j’attrappe le fil et je tire, tout doucement pour ne pas le casser, et petit à petit l’image se dessine. J’inspire une dernière fois, je ferme les yeux, et pendant quelques secondes, il est juste à côté de moi. La sonnerie du métro retentit, les portes claquent, je rouvre les yeux. Je descends à la prochaine.

Posted in Blabla on Lundi 13 juillet 2009 by klaims

Des kilomètres d’autoroute et au bout, la mer. La musique qui sort de l’autoradio traverse tout mon corps et résonne dans ma tête. Je sens les basses cogner dans mes tympans. Les prés et les aires de repos se succèdent. La petite voiture noire file doucement vers la côte et ne ralentit qu’aux péages. J’ai hâte de retrouver l’air de là-bas, son parfum de sel et de sable. Pause.

Play. Il fait doux et le soleil me fait cligner des yeux. Décapotée, la voiture semble sortie d’un cartoon et je ris de l’étonnement des autres automobilistes quand ils remarquent le volant à droite. Le vent emmèle mes cheveux et mes pensées filent le long de la route. Le week-end a duré le temps d’un clin d’oeil et déjà, les panneaux indiquent Mantes-la-Jolie, Poissy, Paris. Je le regarde sourire. Je sais pourquoi j’ai perdu au casino hier soir.