Archive pour août, 2009

Posted in Blabla on mercredi 19 août 2009 by klaims

Paris Saint-Lazare Saint-Nom-La-Bretèche. Pendant plus de dix ans, j’ai emprunté cette ligne de banlieue pour me rapprocher de la capitale. Et un peu comme au café du coin, on y trouvait des habitués, des sortes de piliers de gare. Parmi ces figures emblématique, il y avait le violoniste fou. A l’époque où j’ai commencé à prendre le train, il jouait les Danses Hongroises ou quelque chose s’en approchant. Au fil des années, sans doute pour vouloir s’amuser un peu, il a commencé à prendre quelques libertés avec la partition d’origine, ajoutant ça et là des coups d’archets désordonnés. Puis un jour, au beau milieu du morceau, il a commencé à faire grincer les cordes de son violon, comme pour imiter les piaillements d’un oiseau. Lorsque j’ai déserté les sièges du Transilien pour ceux, plus confortables, d’une petite voiture, la mélodie était devenue méconnaissable et il terminait généralement son récital en tournant sur lui-même.

Ligne 9 en direction du Pont de Sèvres. Depuis presque un an, j’emprunte cette ligne parisienne pour me rendre dans l’ouest parisien. Les musiciens de succèdent, des joueurs d’accordéon souvent, et parfois des violonistes. Mais la plupart du temps, absorbée dans ma lecture, un casque sur les oreilles, je ne les entends même plus. Et puis ce matin, alors que, je feuilletais distraitement mon journal, un son a réussi à se frayer jusqu’à mon cerveau encore mal réveillé. Un son familier. Un grincement. Comme le piaillement d’un oiseau. Avant même d’avoir levé les yeux, je savais que c’était lui.

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Posted in Blabla on mardi 18 août 2009 by klaims

Certaines amitiés sont comme des évidences. On ne les choisit pas, elles s’imposent d’elles mêmes. D’habitude, ça prend du temps : au début c’est fragile, et puis ça se construit petit à petit, au fil des moments partagés. Là, c’est comme si on se retrouvait d’office avec un bloc de béton armé. Tout est déjà là et chaque instant avec l’autre ne fait que le confirmer. Finalement, on se reconnaît plus qu’on ne se découvre. Et quel que soit le nombre de jours, de semaine ou de mois qui s’écoulent entre chaque rencontre, le lien ne faiblit pas, ne ternit pas. Il est indépendant du temps qui passe, absolu. Pas besoin de preuves ou de promesses, on le sait, c’est tout.

Posted in Blabla on lundi 17 août 2009 by klaims

J’aime l’atmosphère surnaturelle qui flotte dans les stations service d’autoroute. L’impression d’être dans un lieu irréel, comme un espèce de monde parallèle hors du temps. On y trouve des produits improbables qui n’existent nulle part ailleurs. Les gens qui y passent viennent d’endroits différents, se rendent à des endroits différents, mais partagent pendant quelques instants cette parenthèse entre deux rives. Animées la journée, ces oasis du bitume deviennent encore plus singulières la nuit. Sous la lumière blafarde des néons, le caissier fait penser à une sorte de majordome fantomatique condamné à hanter les lieux. Lui seul reste des heures durant, là où les voyageurs ne s’attardent jamais plus que le temps d’une halte. Isolées au milieu de nulle part, à mi-chemin entre le point de départ et le point d’arrivée, ces stations services sont les limbes de l’autoroute.

Posted in Blabla on samedi 15 août 2009 by klaims

Quand j’étais petite, je passais ma vie pieds nus. Ma mère me répétait inlassablement de remettre mes chaussons, mes chaussettes, mes chaussures mais je ne craignais ni les échardes, ni les petits cailloux qui écorchent là où la peau est tendre. J’avais presque oublié tout ça et puis l’autre jour, un de ces petits instants de magie m’a ramenée vingt ans en arrière. Sur une grande pelouse, j’ai retiré mes baskets. J’ai senti l’herbe me caresser la plante des pieds, me chatouiller les chevilles, se froisser doucement sous mes pas. J’ai baissé les yeux et là, au milieu de cet immense tapis vert, j’ai trouvé un trèfle un quatre feuilles.