Face au journal de 20 heures, face aux infos terribles qui nous arrivent, servies sur un plateau à l’heure du dîner, on a tous une sorte de carapace. Un protection, souvent due à la distance entre nous et les évènements. C’est la fameuse règle de proximité. Ça je l’ai appris à l’école. Ce qu’il se passe à côté de chez toi t’intéressera toujours plus que ce qu’il se passe à l’autre bout du monde. Et ce qu’il se passe à l’autre bout du monde te touchera toujours moins que ce qu’il se passe à côté de chez toi. Mais il y a des exceptions. Avoir un proche « là-bas » au moment où une catastrophe se produit « là-bas », ça change la donne, ça modifie les distances. Que mon père soit à Tokyo au moment du séisme, forcément, ça m’a rapproché, de lui et de tout le pays. Mais pas seulement. Au-delà de l’angoisse, de la peur ressentie pour mon père, ça a ouvert une brèche. Cette protection qui me permet de raconter de façon neutre ce qui se passe quotidiennement en France, dans le monde, parce que c’est mon métier, est en train de se fissurer. Mon père est rentré, il est en sécurité, et pourtant j’ai toujours cette boule au ventre. Maintenant, chaque info que j’entends, que je réécris, que je retransmets, je me la prends de plein fouet.

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2 Réponses to “”

  1. Evidemment, dans ce cas, l’autre bout du monde nous intéresse …

  2. Ça va avec le nombre de mort kilométrique, après je pense qu’il faut avoir subit une sorte de traumatisme comme toi pour réellement le comprendre.

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