Posted in Blabla on jeudi 13 mai 2010 by klaims

Je refuse de croire que ma vie est toute tracée mais j’ai toujours un peu eu l’impression de marcher sur un fil. Ou sur une portée de musique peut-être, qui se joue au fur et à mesure que j’avance. Sauf que sur ma portée, toutes les lignes ne sont pas bien parallèles. Parfois elles se croisent, parfois elles se brisent. Et puis parfois elles font des noeuds, elles s’emmêlent et me laissent vacillante. Du coup j’ai du mal à lire entre les lignes, alors je retiens ma respiration pour retrouver un équilibre, et, juste un temps, je reste comme suspendue. Alors le rythme de la partition s’accélère, le tempo n’a plus rien de linéaire et en battant la mesure du bout du pied, je me souviens pourquoi j’aime tant le jazz et l’improvisation.

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Posted in Blabla on lundi 10 mai 2010 by klaims

Je croise trop de gens gris, blasés, désabusés. C’est la vie qui les a cabossé peut-être, ou simplement le temps qui passe et qui délave, qui ternit, qui émousse. Leur regard se pose sur ce qui les entoure mais ils ne voient plus. Vouloir se protéger à tout prix, c’est aussi supporter de vivre à demi. Je refuse de faire partie de ces gens-là. Je veux continuer à m’émerveiller de chaque endroit où je mets les pieds, chaque personne que je rencontre, chaque place que j’occupe. Je ne crois pas à la fatalité et je sais que jusqu’au bout, j’aurai toujours le choix, que tout est possible et qu’il me suffit d’ouvrir grand les yeux pour ne pas en perdre une miette. Inspirer un grand coup et foncer. Et tant pis si parfois je tombe et je m’écorche les genoux. J’apprends de mes erreurs, je panse mes blessures et je finis toujours pas me relever. Et je n’oublie jamais que chaque jour qui se lève est le premier du reste de ma vie.

Posted in Photo on vendredi 7 mai 2010 by klaims

Le secret de la Suisse : coller des montagnes magnifiques en fond absolument partout. Avec ça, n’importe quel paysage, même le plus banal, devient joli comme une carte postale !

Posted in Blabla, Photo on jeudi 6 mai 2010 by klaims

On m’avait dit « tu peux partir à des milliers de kilomètres, tu emmèneras toujours tes démons avec toi ». Je ne suis qu’à quelques centaines de kilomètres de Paris et les démons ne sont plus. Je les ai apprivoisés. Devant moi, je ne vois que le lac Léman et les montagnes qui se dessinent dans la brume. J’aime la tranquillité qui règne ici, cette quiétude qui émane de la ville. Avec ses ponts, ses rues piétonnes et ses escaliers de pierre, Lausanne ressemble à une cité de roman fantasy.

La route entre Lausanne et Fribourg est belle à pleurer, ensoleillée, saturée de couleurs. Les flancs des montagnes couverts de forêts. Les cîmes enneigées au loin. Quelques chalets qui se détachent au milieu de toute cette verdure. Je dois faire un effort incroyable pour détacher mon regard du paysage et me concentrer sur la route. Tout en conduisant, je me dis qu’un jour, je reviendrai ici, je m’installerai dans un de ces petits chalets qui surplombe la vallée, et j’y écrirai un livre.

Quitter la ville de pierre pour la ville lumière. J’ai l’impression que ce mois n’a duré que le temps d’un battement de cil. Mais maintenant, Lausanne c’est un peu chez moi. Paris se rappelle doucement à ma mémoire et déjà, l’envie de repartir, d’explorer, de découvrir d’autres Ailleurs se réveille. Pour qu’au fil du temps, tous ces Ailleurs deviennent, eux aussi, un bout de chez moi.

Posted in Blabla on lundi 5 avril 2010 by klaims

Même si mes posters d’adolescente ne sont plus aux murs, même si mes t-shirts ne traînent plus par terre et que plus aucune pile de bouquins ne menace de s’effondrer à côté du lit, c’est toujours ma chambre. Tout mon joyeux bordel, celui qui a rempli un nombre ahurissant de cartons pour une si petite pièce, je l’ai emmené avec moi. Les murs ont été repeints, les meubles changés et on pourrait presque croire que cette chambre n’a jamais été occupée que par des invités. Mais, si nets et bien rangés qu’ils soient, ces quelques mètres carrés restent les miens, là où pendant dix ans j’ai dormi, rêvé, grandi. Là où j’ai lu des milliers de pages et où j’en ai noirci quelques dizaines. Là où j’ai ri beaucoup, pleuré parfois, aimé sans compter. Maintenant, je dors, je rêve et je continue à grandir, mais ailleurs, à une poignée de kilomètres. Parfois, je reviens et même si je n’habite plus là, je connais toujours par coeur les marches qui craquent quand je descends chercher quelque chose à grignoter au milieu de la nuit. Je reste la seule qui sait fermer la porte sans faire de bruit malgré la poignée récalcitrante. La lumière du jour filtre encore à travers les volets et le radiateur continue à gargouiller. Le temps file si vite que mes souvenirs n’ont plus le temps de s’effacer. Je me repasse le film à l’envers, pour voir jusqu’où je peux remonter, pour mettre le doigt sur le moment où les images commencent à devenir floues. Le choc de la chambre vide, le déménagement, la fac, le lycée, le collège, l’emménagement, la visite de la maison. « Là, ça sera ma chambre ». Je me souviens de tout. Comme si c’était hier.

Posted in Blabla on mardi 9 février 2010 by klaims

Je passe ma vie à (me) poser des questions. Pour apprendre, pour comprendre, pour y voir un peu plus clair dans le monde qui m’entoure. Et puis par curiosité aussi. Quand j’étais petite, je harcelais mes parents de « pourquoi » façon poupées russes. Rapidement, j’ai aussi voulu savoir « quand » et « où » parce que quand même, le contexte, c’est important. Mais en grandissant, ce qui m’a fascinée plus que tout le reste, c’est « comment ». Les rouages, les mécanismes, la manière dont les choses sont construites et la façon dont elles fonctionnent.

Pendant mes études, j’ai toujours pu dire, à peu près, dans quelle direction j’allais. Malgré quelques hésitations, quelques  changements de cap, je suivais un itinéraire relativement bien tracé. Aujourd’hui, j’aperçois le bout de cette route et au-delà, des centaines de voies possibles. Je me pose toujours des tonnes de questions, parce que c’est ce qui m’aide à avancer, mais lorsque je me demande ce que je ferai dans six mois, pour la première fois de ma vie, je n’ai pas la réponse. Et je crois que j’adore ça.

Posted in Blabla on samedi 6 février 2010 by klaims

Parmi tous les jobs que j’ai connu, celui qui m’a apporté le plus de satisfaction est de loin mon boulot de peintre. Loin des chiffres de vente de la collection printemps-été, du nombre de cartes de fidélité distribuées, des objectifs de menus best-of à écouler, je me retrouve seule face à mes pinceaux et mes pots de peinture. Et il me suffit de regarder autour de moi pour mesurer l’avancée du chantier et la somme de travail qu’il reste à abattre. Rien n’est plus gratifiant que d’avoir sous les yeux le résultat concret de ce qu’on a accompli.

En ce moment, je termine un autre genre de chantier. Un sur lequel je travaille toute seule. Il me prend pas mal de temps et parfois je rencontre des difficultés. Il a stagné pendant longtemps. Les fondations étaient là pourtant, et même une partie du gros oeuvre mais j’avais du mal à savoir ce que je voulais pour les finitions. Et puis il y a quelques mois, j’ai décidé de prendre les choses en main et depuis, ça avance à grands pas. Je ne sais pas dans combien de temps j’aurai fini et quand j’y pense, je crois que c’est le genre de chantier qu’on ne termine jamais complètement. Mais en tout cas ça ressemble de plus en plus à ce que je voulais et je crois que j’en suis fière.